Les messagers de l’Univers, l’aube d’une nouvelle astrophysique

Michel Boër
Michel.Boer@unice.fr

CNRS ARTEMIS UMR 7250 Observatoire de la Côte d’Azur BP 4229 06304 Nice Cedex 4 France

Jusqu’à maintenant c’est la lumière qui nous fournit l’information sur le cosmos, tout au moins au delà du système solaire. Le photon présente quelques inconvénients, comme ses capacités d’interaction sur son trajet vers la l’observateur, et il ne reflète souvent que très indirectement les processus internes aux objets. L’exemple récent de BICEP montre qu’il est très délicat d’utiliser le photon pour comprendre les processus gravitationnels stochastiques cosmologiques. Nous sommes cependant à l’aube d’une véritable révolution observationnelle en astrophysique. Des neutrinos de très hautes énergies sont détectés par ICECUBE. Prochainement les versions “avancées” de Virgo et LIGO ont de bonnes chances de faire les premières détections d’ondes gravitationnelles. Ceci ne sera pas uniquement une confirmation éclatante d’une des conséquences majeures de la théorie de la relativité générale: cela permettra à l’astrophysicien de recueillir une information sur l’Univers et ses objets qui ne lui est pas accessible maintenant. Il est essentiel que dès avant la détection effective de ces nouveaux messagers, la communauté astrophysique s’empare du sujet tant sur le plan théorique qu’observationnel.